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Scolarisation des élèves en situation de handicap, intellectuellement précoces, à comportement inadapté

Les actions de la chargée de mission académique insertion professionnelle jeunes en situation de handicap
Article mis en ligne le 6 mars 2017

par Pascale Derrien
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QUAND L’ACADEMIE DE CRETEIL FAIT DU HANDICAP UNE DE SES PRIORITÉS

Depuis septembre 2015, le service ASH de l’académie de Créteil a ouvert un poste de chargée de mission, dédié à l’insertion professionnelle de tout jeune porteur d’un handicap entre 16 et 25 ans.

Cette mission a été confiée à Patricia Meunier, enseignante second degré.

Après une année scolaire achevée et une nouvelle année qui débute, nous avons voulu connaître quels étaient, dans les grandes lignes, les axes sur lesquels cette dernière travaillait, quelles étaient les difficultés qu’elle pouvait être à même de rencontrer, la motivation qui était la sienne et le « plus » qu’elle se devait d’apporter à tous les acteurs concernés par ce « challenge » mené par les 3 académies d’Ile de France, à savoir Paris, Créteil et Versailles.

Patricia, pouvez-vous nous faire part de votre expérience et du déclic qui vous a fait accepter cette mission ?
C’est à la fois un parcours atypique mais au final cohérent. J’ai mené une carrière d’enseignante pendant 26 années en ZEP (Zone d’Education Prioritaire) et zone violence dans un établissement du 93. C’est la meilleure formation qui soit. Et puis ma route a croisé celle de Pascale Derrien, Inspectrice ASH/Conseillère technique auprès de Madame la Rectrice. Lorsque je suis sortie de son bureau, après un entretien me proposant cette fonction, j’avais bien évidemment répondu par l’affirmatif et l’idée de découvrir une autre facette de notre grande Institution était pour moi, et l’est encore, un « challenge » à relever : un public différent, de nouvelles compétences à mettre en œuvre, une façon de travailler responsable et autonome et surtout permettant à des jeunes et à leurs familles de mieux appréhender leur handicap, d’en faire une force et pour cela nous devions mettre des outils en place.

Je rebondis sur vos propos et retiendrai les mots outils et mission : quels sont-ils ?
Tout d’abord, il faut bien avoir en tête que c’est avant tout une mission inter académique. J’ai donc la chance de travailler avec mes deux homologues parisien et versaillais qui m’ont apporté chacun énormément. Si on ne sait pas ou si on ne veut pas travailler en équipe, inutile d’accepter une telle mission.

Ensuite, il faut prendre en compte la méconnaissance, le désarroi et souvent le déni des jeunes concernés et encore plus celui de leurs familles. De l’empathie et de la bienveillance, certes, mais avant tout de l’action. Et c’est bien cela le plus difficile car c’est un parcours semé d’embûches et dont nous devons relever chaque jour le défi. Il faut être patient et avancer pas à pas pour que les actions mises en place deviennent pérennes.

La Convention Régionale qui a été actée en novembre dernier comprend un groupe d’entreprises incontournables. Elle est notre fil conducteur et met également des moyens à notre disposition. Les entreprises jouent donc le jeu et on ne peut que les saluer pour leurs actions.

Pour répondre à votre question sur ma mission proprement dite, cette dernière est large et variée.
Je me dois de découvrir les voies de formation et de champs professionnels adaptés, travailler de concert avec les équipes éducatives et évidemment faire le lien avec les intermédiaires de l’emploi. Nous devons donner la chance à ces jeunes, souvent en très grandes difficultés, les valoriser en mettant aussi en avant leur réussite, leurs compétences.

Le travail de l’orientation de ces jeunes est prépondérant et j’ai la chance d’être aidée en ce sens par deux conseillers en insertion, Benoît Lemaitre, qui œuvre sur le 93 et Rachid Elboulayoui sur le 94. Nous faisons un diagnostic de chaque cas soumis par des personnels de l’éducation ou directement par les familles et, ces derniers, spécialistes de l’insertion, recherchent la solution la plus adaptée.
Les mots d’ordre qui pourraient résumer cette mission sont :

 Repérer les jeunes en situation de handicap, décrocheurs ou décrochés,
 Sécuriser les choix d’orientation,
 Accompagner le jeune,
 Orienter….

Il semblerait que les 3 académies aient fait appel aux fonds sociaux européens ?

Oui, c’était une évidence. Sans ces fonds, il nous serait impossible de mettre en place divers outils car tout à un coût : organiser ou participer à un Salon, la conception de documents, faire appel à des prestataires de service pour aider individuellement certains jeunes…

Des prestataires de service ? Dans quel but ?

Tout comme les deux autres académies, nous avons voulu axer nos efforts sur deux prestations qui nous paraissent indispensables :

  • L’accompagnement et la sécurisation pour l’autonomie dans les transports des jeunes,
  • L’accompagnement humain dans l’entreprise lors d’une formation ou d’un premier emploi.

Ces deux prestations, très pédagogiques et « rassurantes », vont permettre aux jeunes qui vont être amenés à en bénéficier à devenir autonomes. Elles seront aussi très bien accueillies par les entreprises en particulier les TPE/PME. Bien souvent, ils ne connaissent pas les codes liés au monde du travail et, nous devons nous assurer également que le matériel dont ils disposeront sera bien en rapport avec le handicap qui est le leur. La notion de fatigabilité devra être prise en compte également.

Ces fonds vont nous permettre aussi de tourner deux vidéos sur les deux prestations que je viens d’évoquer. Je suis particulièrement satisfaite d’en parler car c’est un établissement audiovisuel du 93 qui va en assurer tout le tournage et ces 2 vidéos serviront, de surcroît, de sujet d’examen aux élèves de BTS.
Une vraie transversalité !

Idem pour les clés USB type « carte de crédit » commandées pour les jeunes, qui leur seront remises lors de salons et dans lesquelles nous entrerons les informations dont ils ont besoin. Je compte là aussi travailler avec une classe ULIS et leur professeur d’arts appliqués pour que ce soit eux qui réalisent l’habillage de la surface de la clé. Là encore, transversalité.

Comme vous pouvez le constater, tout doit être fait pour valoriser au maximum les jeunes porteurs d’un handicap.

Où se trouvent ces jeunes handicapés dont vous nous parlez ?

Ils peuvent être en milieu ordinaire, ils peuvent vouloir en sortir, ils peuvent tout simplement être chez eux… Ils sont collégiens, lycéens, étudiants, apprentis ou dans des établissements spécialisés tels que les IME, IMPro, Itep (…).

Merci Patricia, pour nous avoir accordé un peu de votre temps.

Ce fut un plaisir. J’émets le souhait qu’à travers cet article les personnes touchées par ces problèmes n’hésitent pas à nous contacter qu’ils soient handicapés, parents ou professionnels.

Nul doute qu’elles le feront. Merci.




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